L’Escale Gourmande sise à Hamdallaye ACI 2000 de Bamako a abrité, le 20 juin 2026, les travaux de la 29ème Assemblée Générale Ordinaire de l’Union Nyèsigiso. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de l’industrie et du commerce, Demba Tounkara ; en présence du représentant du ministre de l’économie et des finances, Chiaka Kanté ; de la directrice générale de Nyèsigiso, Mme Amourata M Maïga ; du Président du conseil d’administration de Nyèsigiso, Boukari Goro ; du représentant de la mairie de la commune IV de Bamako, Amadou Bocoum ; et d’autres personnalités. Il ressort de cette assemblée générale que l’encours « total des dépôts des membres (épargne) est passé de 18 milliards en 2024 à 21 milliards en 2025 à Nyèsigiso ».

Dans son allocution, la directrice générale de Nyèsigiso, Mme Amourata M Maïga a fait savoir que les assises de l’Assemblée Générale constituent un cadre d’échanges pour l’équipe dirigeante, lui permettant de rendre compte des activités réalisées au cours de l’exercice écoulé et d’adopter entre autres, les rapports annuels d’activités des organes et d’approuver les comptes dudit l’exercice. Selon elle, le secteur de la microfinance demeure un acteur majeur de l’inclusion financière dans les pays en développement, notamment en Afrique de l’Ouest et au Mali en particulier. Au Mali, ajoute-t-elle, le secteur évolue depuis plusieurs années dans un environnement marqué par des défis sécuritaires persistants, une conjoncture économique fragile et des contraintes structurelles affectant les conditions d’exercice des activités des structures de microfinance et compromettent de plus en plus la continuité des services financiers de proximité, fragilisent les performances des institutions et tendent vers une exclusion financière des populations rurales et vulnérables. Sur le plan international et dans l’espace UEMOA (national y compris), elle a évoqué des faits saillants comme une demande toujours forte de services financiers inclusifs ; un environnement économique, socio politique et sécuritaire complexe marqué par des tensions géopolitiques et des répercussions de crises qui ont lourdement pesé sur l’économie globale et locale; un durcissement des conditions d’accès au refinancement et un ralentissement général de l’activité économique dans le secteur ; des tensions de trésorerie se traduisant par une épargne volatile et une demande pressante de retrait de liquidité par la clientèle ; des fortes pressions sur le pouvoir d’achat des ménages ; l’inclusion financière en progression avec le développement de la finance digitale ; une dégradation accrue et généralisée de la qualité du portefeuille de crédits liée parfois à l’insécurité et des déplacements de populations ; le coût élevé du financement. Face à ces contraintes, dit-elle, une réponse concertée impliquant les pouvoirs publics, les autorités de régulation, ainsi que les partenaires techniques et financiers, apparaît comme une nécessité indéniable. « Une réponse diligente à travers des mesures appropriées, permettra de renforcer la résilience des structures de microfinance, de préserver la stabilité du secteur et d’assurer la continuité des services financiers au bénéfice des populations, notamment dans les zones rurales et vulnérables », a déclaré Mme Amourata M Maïga.

Des résultats encourageants enregistrés par Nyèsigiso malgré les difficultés
Au niveau de Nyèsigiso, elle a indiqué que le réseau Nyèsigiso a exécuté son plan de travail et budget annuels avec rigueur et résilience. Selon elle, malgré les difficultés et défis auxquels les institutions de base avaient fait face, le réseau a enregistré des résultats encourageants à certains niveaux, au terme de l’exercice 2025. Comme faits saillants ayant marqué le cours des activités des entités de Nyèsigiso durant 2025, elle a cité entre autres : l’élaboration et l’adoption des Plans d’Affaires 2026-2030 dans les toutes les entités du réseau; une augmentation satisfaisante du niveau des adhésions des sociétaires et de l’encours de l’épargne locale ; une dégradation de la qualité du portefeuille à de crédits liée à l’insécurité ayant causé le déplacement massif de certains emprunteurs sans oublier la crise énergétique. En termes de statistiques, ajoute-t-elle, le réseau Nyèsigiso a clôturé l’exercice avec un total de 94 points de services dont 15 caisses agréées auxquelles sont rattachées 79 agences et guichets ; le sociétariat du réseau Nyèsigiso est passé de 324 047 en 2024 à 342 191 en 2025 soit une augmentation de 18 144 nouveaux sociétaires en valeur absolue et 5,59 % en valeur relative ; l’encours total des dépôts des membres (épargne) est passé de 18 milliards en 2024 à 21 milliards en 2025 soit une croissance de 17% sur la période ; l’encours des crédits a enregistré une légère progression, passant de 17,99 milliards en 2024 à 18,29 milliards en 2025, soit un taux de croissance de 1,67%. « Le réseau Nyèsigiso a enregistré, à la clôture de l’exercice 2025, un taux de portefeuille à risque à plus de 90 jours (PAR +90 jours) de 10,05 %, contre 9,98 % en 2024, dépassant ainsi largement la norme maximale de 3% fixée par la BCEAO. Il a participé à des œuvres sociales au profit des familles démunies, des veuves et orphelins, à des victimes d’incendie et d’inondations à travers des dons offerts par l’Union et 5 caisses du réseau Nyèsigiso (Kita, Bagadadji, Bla, Niono, Commune IV, Markala et autres). Il faut aussi noter que le réseau Nyèsigiso emploie un total de 293 employés contractuels, 211 prestataires de service et compte 210 dirigeants élus à travers ses caisses au 31 décembre 2025 », a conclu la directrice générale de Nyèsigiso.
Le cumul des refinancements estimé à plus de 42 milliards de FCFA
Pour sa part, le représentant du ministre de l’industrie et du commerce, Demba Tounkara a souligné que cette Assemblée Générale offre aux délégués des caisses de base l’occasion d’examiner les activités menées au cours de l’exercice sous revue, d’évaluer les performances enregistrées et de prendre connaissance de l’évolution de la situation financière ainsi que des états de synthèse de l’Union. « Dans le cadre du refinancement des Institutions de Microfinance, l’importance du MEREF-SFD (Mécanisme de Refinancement des Systèmes Financiers Décentralisés) n’est point à démontrer, le cumul des refinancements est estimé à la date du 30 mars 2026 à plus de 42 milliards de FCFA pour 671 671 bénéficiaires, dont 364 648 femmes », a-t-il dit. Avant de préciser que Nyèsigiso figure parmi les institutions financières qui se sont donné une double mission économique et sociale, visant à contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie des populations à revenus modestes, tout en intégrant la préservation de l’environnement dans leurs actions. En outre, il a signalé que Nyèsigiso fait partie d’un important ensemble sous-régional, la Confédération des Institutions Financières de l’Afrique de l’Ouest (CIF), qui compte en son sein un établissement financier à vocation bancaire, la FINAO. Selon lui, cette appartenance constitue un atout stratégique majeur, tant pour le renforcement du positionnement de Nyèsigiso sur le marché financier que pour la mutualisation des ressources et des coûts. « Elle favorise également le développement et la modernisation de l’offre de services financiers digitaux, notamment à travers le déploiement des cartes DANAYA CASH et des Terminaux de Paiement Électronique (TPE) », a conclu le représentant du ministre.
Source : Handara







